Débouchés & métiers

Etudes de journalisme : comment devenir journaliste par la voie universitaire

MJ
Marion Jourand
Directrice du Pôle Consulting
Publié le  29 juin 2026 6 min de lecture

Etudes de journalisme : licence info-com, BUT, master public. Parcours, formations CPNEJ reconnues et conditions pour devenir journaliste.

Pour devenir journaliste par la voie universitaire publique, le parcours type combine une licence socle (information-communication, droit, histoire, lettres ou science politique), puis un concours d'entrée dans l'une des 16 formations reconnues par la profession en France. Ces formations sont labelisées par la CPNEJ (Commission paritaire nationale de l'emploi des journalistes) et confèrent un avantage concret pour l'obtention de la carte de presse. En 2025, la France compte 34 784 journalistes titulaires d'une carte de presse (Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels, bilan au 31/12/2025). Le niveau bac+5 est recommandé pour les postes en rédaction.

Quelles études faire pour devenir journaliste ?

Pour exercer le journalisme, deux grandes voies existent en France : passer par l'une des formations reconnues par la profession (les plus valorisées pour l'insertion), ou suivre un cursus universitaire généraliste puis se spécialiser. La voie universitaire publique reste la plus accessible financièrement et la mieux articulée pour les lycéens et étudiants de licence.

La licence universitaire : le socle le plus fréquent

La licence information-communication est le socle le plus direct pour des études de journalisme. Elle ouvre les candidatures aux masters et aux concours des formations reconnues par la profession. Mais les recruteurs valorisent aussi les licences en histoire, droit, économie ou lettres, qui apportent une culture générale solide. Le niveau bac+5 est le niveau conseillé pour les postes en rédaction (source : CCIJP, 2026).

Le BUT information-communication parcours journalisme propose un cursus bac+3 en trois ans, directement orienté métiers de l'information. Seuls trois IUT publics le proposent en France : l'IUT de Lannion (Université de Rennes, reconnu depuis 2004), l'IUT Nice Côte d'Azur site de Cannes (Université Côte d'Azur, reconnu depuis 2015) et l'IUT de Vichy-Clermont Auvergne (28 places, 1 562 candidatures reçues sur Parcoursup en 2025, source : parcoursup.fr). L'admission se fait sur dossier et entretien via Parcoursup, avec une connaissance de l'actualité requise dès le dossier.

Pour identifier les universités proposant les meilleures licences dans cette spécialité, consulter le classement des meilleures licences Communication et Médias. Retrouver également d'autres ressources sur les débouchés de l'information-communication dans nos conseils orientation.

La voie IEP (Sciences Po) : une alternative publique

Les IEP (Sciences Po Paris et les neuf IEP régionaux publics) préparent une part significative des journalistes des grands médias nationaux. Sciences Po Paris propose un diplôme IEP mention journalisme (grade de master, reconnu par la profession depuis 2011) et un master journalisme et affaires internationales (reconnu depuis 2015). La voie IEP est accessible sur concours dès le bac pour Sciences Po Paris, et via des passerelles en deuxième année pour les IEP régionaux (bac+2 requis). Les frais varient selon les revenus du foyer, de 0 à environ 10 000 euros par an pour Sciences Po Paris.

Qu'est-ce qu'une formation en journalisme reconnue par la profession ?

En France, 16 établissements délivrent des formations officiellement reconnues par la CPNEJ (Commission paritaire nationale de l'emploi des journalistes). Passer par l'une d'elles réduit de moitié la durée du stage obligatoire pour la carte de presse : 1 an au lieu de 2 (articles 23 et 24 de la convention collective nationale des journalistes, source : ccijp.fr).

Les formations reconnues publiques et universitaires (liste 2026)

Parmi les 16 formations reconnues, les établissements publics et universitaires sont les suivants (source : ccijp.fr/la-profession/se-former-au-journalisme/) :

  • CELSA - Sorbonne Université (Paris) : master information-communication spécialité journalisme, reconnu depuis 1981, dont apprentissage depuis 2011. Concours bac+3 : inscriptions janvier-février 2026 sur la plateforme CEJ, écrits 11-12 mars, oraux mai 2026.
  • CUEJ - Université de Strasbourg (Strasbourg) : master professionnel journalisme, reconnu depuis 1968. Concours bac+3.
  • IJBA - Université Bordeaux Montaigne (Bordeaux) : master professionnel journalisme, reconnu depuis 1968, dont apprentissage depuis 2017. Concours bac+3.
  • EPJT - IUT de Tours, Université de Tours (Tours) : master journalisme, créée 2018 (succède aux cursus reconnus depuis 1972). Ouvert à l'alternance en M2.
  • EJCAM - Aix-Marseille Université (Marseille) : master information-communication spécialité journalisme, reconnu depuis 1984.
  • EJDG - Université Grenoble Alpes (Echirolles) : master journalisme reconnu depuis 2005, plus double diplôme IEP Grenoble reconnu depuis 2017.
  • IFP - Université Panthéon-Assas Paris II (Paris) : master journalisme, reconnu depuis 2006.
  • Université de Lorraine (Metz) : master journalisme, ajout à la liste 2026.
  • Sciences Po Paris (Paris) : diplôme IEP mention journalisme (grade master, reconnu depuis 2011) et master journalisme et affaires internationales (reconnu depuis 2015).
  • Université Cergy/Paris (CY) : master de journalisme, reconnu à compter de la promotion 2026.
  • IUT de Lannion - Université de Rennes (Lannion) : BUT information-communication parcours journalisme, reconnu depuis 2004. Accessible sur Parcoursup dès le bac.
  • IUT Nice Côte d'Azur site de Cannes - Université Côte d'Azur (Cannes) : BUT information-communication parcours journalisme, reconnu depuis 2015. Accessible sur Parcoursup dès le bac.

D'autres formations reconnues existent dans le secteur privé, mais hors du périmètre de la voie universitaire publique développée ici.

Pourquoi viser une formation reconnue ?

Les diplômés d'un cursus reconnu par la CPNEJ bénéficient d'un avantage réglementaire direct : la durée de stage pour la carte de presse est réduite à 1 an au lieu de 2 (articles 23 et 24 de la convention collective nationale des journalistes). En 2021, 60 % des premières demandes de carte de presse émanaient de journalistes issus d'une école de journalisme (source : ccijp.fr/la-profession/se-former-au-journalisme/ - donnée la plus récente disponible). Les formations reconnues sont très sélectives : concours sur dossier, épreuves écrites et oraux pour la plupart. La préparation en L3 est déterminante.

Quel parcours concret pour intégrer une école de journalisme publique ?

Le parcours le plus fréquent vers une formation de journalisme reconnue combine une licence universitaire en trois ans (information-communication, droit, histoire ou science politique), suivie d'un concours sélectif d'entrée en master (bac+3 minimum requis). La préparation aux épreuves est une étape clé dès la deuxième année de licence.

Etape 1 - La licence universitaire socle (bac+0 à bac+3)

La licence information-communication (infocom, 3 ans) est la base la plus directe. Mais les recruteurs valorisent également les licences en histoire, droit, économie ou lettres pour leur apport en culture générale. Le BUT information-communication parcours journalisme (IUT Lannion, IUT Nice-Cannes, IUT Vichy) est une voie alternée de trois ans, accessible dès le bac via Parcoursup, sélectionnée sur dossier et entretien.

Conseil pratique : pratiquer le journalisme étudiant (journaux de faculté, radios associatives, sites d'information locaux) dès la L1 constitue un avantage décisif pour les dossiers de candidature aux formations reconnues.

Etape 2 - Les concours d'entrée dans les formations reconnues (bac+3)

La plupart des masters et formations reconnues sélectionnent à bac+3 (180 ECTS). Les épreuves comprennent une synthèse de dossier d'actualité, un exercice de culture générale ou journalistique, et un oral. Pour le CELSA : inscription janvier-février sur la plateforme CEJ, écrits mars, oraux mai (source : celsa.fr, calendrier 2026). Le CUEJ et l'IJBA proposent un concours sur dossier, épreuves écrites et oraux, bac+3 requis.

Les candidatures en master universitaire hors concours spécifique transitent par la plateforme nationale Mon Master. Il est recommandé de constituer le dossier dès mars de l'année de L3. Le niveau réel des admis est souvent supérieur au minimum requis : bac+4 ou bac+5 pour certaines formations.

Quels métiers peut-on exercer après des études de journalisme ?

Un diplôme de journalisme (reconnu ou non) ouvre des débouchés dans la presse écrite, la radio, la télévision, les médias en ligne, et de plus en plus dans la communication éditoriale d'entreprise. La carte de presse, délivrée par la CCIJP, est le signe de reconnaissance professionnelle dans le secteur.

Les débouchés principaux sont les suivants :

  • Journaliste de presse écrite (quotidien national ou régional, magazine, presse professionnelle)
  • Journaliste radio ou télévision (JRI, reporter d'images, journaliste-présentateur)
  • Journaliste web et journaliste de données (datajournalisme, fact-checking, podcast de solutions)
  • Journaliste spécialisé : sport, science, économie, culture, politique, santé
  • Chargé de communication éditoriale, rédacteur en chef, documentaliste média

Le salaire minimum conventionnel d'un journaliste débutant est d'environ 1 900 euros brut par mois (convention collective nationale IDCC 1480, grille presse quotidienne nationale, juillet 2025, source : legifrance.gouv.fr). Ce montant varie selon le type de média et le statut. En 2025, les journalistes français se répartissent comme suit : 67,4 % en CDI, 12,3 % pigistes et 9,3 % en CDD (source : ccijp.fr/les-chiffres-cles-du-millesime-2025/).

En 2025, 1 858 premières cartes de presse ont été délivrées, soit 5,3 % du total de 34 784 journalistes actifs (CCIJP, bilan au 31/12/2025). La profession est exigeante à l'entrée, mais le numérique a créé de nouveaux modes d'exercice : fact-checking, datajournalisme, podcast, journalisme de solutions. 54,4 % des journalistes sont concentrés en Ile-de-France ; la Bretagne est la première région hors IDF avec 1 483 cartes (CCIJP, 2025).

Les étudiants qui souhaitent explorer des formations privées ou des programmes bachelor en communication peuvent consulter Meilleurs Bachelors pour comparer les cursus du secteur privé.

Questions fréquentes

Quelles études faire pour devenir journaliste ?

Le parcours le plus fréquent combine une licence universitaire (information-communication, droit, histoire ou science politique) puis un concours d'entrée dans l'une des 16 formations reconnues par la profession - master journalisme public ou IEP. Le niveau bac+5 est conseillé pour les postes en rédaction (source : CCIJP, 2026). Le BUT information-communication parcours journalisme (IUT Lannion, Nice-Cannes, Vichy) permet une entrée plus directe dès le bac via Parcoursup.

Est-il difficile de devenir journaliste ?

Le métier est exigeant et les places dans les formations reconnues sont limitées, avec des concours sélectifs à bac+3. En 2025, 1 858 premières cartes de presse ont été délivrées en France pour 34 784 journalistes actifs (CCIJP, bilan 2025). L'insertion est plus rapide pour les diplômés d'une formation reconnue par la CPNEJ, qui bénéficient d'une durée de stage réduite à 1 an au lieu de 2 pour obtenir la carte de presse.

Quel est le salaire d'un journaliste débutant ?

Le salaire minimum conventionnel d'un journaliste débutant est d'environ 1 900 euros brut par mois (convention collective IDCC 1480, grille presse quotidienne nationale, juillet 2025, source : legifrance.gouv.fr). Ce montant varie selon le type de média et le statut (CDI, CDD, pigiste). Les pigistes, qui représentent 12,3 % des journalistes en France en 2025 (CCIJP), ont des revenus très variables selon leur volume d'activité.

Peut-on devenir journaliste sans passer par une école de journalisme ?

Oui. La détention d'un diplôme de journalisme n'est pas obligatoire pour exercer le métier. De nombreux journalistes ont suivi un parcours universitaire généraliste (licence puis master en histoire, droit, économie) ou ont débuté sur le terrain. Mais passer par une formation reconnue par la CPNEJ facilite l'insertion et réduit la durée du stage de carte de presse de 2 ans à 1 an (source : ccijp.fr).

MJ
Marion Jourand
Directrice du Pôle Consulting